Category: SOUVENIRS


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Il y a vingt ans maintenant !  A la frontière éthiopienne, nous rencontrons des Afars près de cette maison en pisé. On nous demande si nous voulons des « armes »… et on nous fait visiter le »musée ». Elle regorge d’armes de toutes sortes : fusils gras très anciens, kalachnikov et bien d’autres dont je ne connais pas le nom. Étrange  rencontre mais ce qui m’intéressait, moi, c’était cette gazelle de Grant récupérer par ce petit garçon et que généralement on ne peut approcher !

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Tafari (sur le catamaran Fou de Bassan) et Makonen (sur le catamaran Mamaco) ont été des marins Ethiopiens. Deux jeunes hommes d’une grande gentillesse, courageux, très respectueux, plein d’humour, parlant un excellent français. Pour survivre à la guerre en Ethiopie, ils étaient venu à Djibouti sans famille afin d’y trouver, en tant qu’immigrés, du travail. Les autorités de Djibouti les contrôlent beaucoup et leur font passer de très mauvais moments en prison s’ils sont pris en ville. leur faisant faire des servitudes à genoux sur des cailloux). A bord, avec nous, ils mangeaient, vivaient agréablement et étaient payés.

Tafari                                                          Makonen

Anecdote : Après la guerre civile à Djibout 1991-1994, nous avons repris les croisières vers les 7 Frères. Lors d’un départ d’Obock , très tôt le matin, avec nos plongeurs arrivés de Paris la veille au soir, Tafari et le skipper avaient mis à l’eau les lignes de pêche (moulinets 9/0 pour les gros poissons, donc très gros hameçons, bas de ligne en acier). Soudain, le skipper m’appella d’urgence car Tafari venait de remonter un énorme thazard (environ 1,50 m) ; le regard du skipper m’indiqua alors ce qui venait d’arriver. je me dirigeais vers le marin placé sur une jupe arrière du catamaran tenant d’une main la canne à pêche et de l’autre l’énorme tête du poisson. Malheureusement, un des triples hameçons avait, lui, transpercé un doigt de Tafari. Je pris, alors, un grand couteau de cuisine afin de séparer la tête du thazard de son corps plein de vie. Je coupais le bas de ligne en acier, puis aidait Tafari à remonter dans le carré arrière du bateau accompagné de la tête du thazard dans ses mains. Le catamaran lancé dans une mer formée fut ordonné de ralentir. La décision fut prise de couper l’hameçon au plus près du doigt du marin à l’aide d’une tenaille puis d’une lime. Impossible à réaliser car à chaque mouvement de vague, Tafari, devenu vert souffrait terriblement. Nous décidions, donc, de réveiller les passagers, de les avertir que nous devions revenir à Obock pour y trouver un médecin. En navigation, je préparais le petit-déjeuner des passagers. Obock où il était encore interdit de pénétrer car les hommes de la force militaire djiboutienne Issas y étaient implantés pour arrêter les Afars. Nous avons, alors, mouillé (jeté l’ancre) sur le platier d’Obock. Le zodiac, mis à l’eau, nous descendîmes le skipper, le marin et moi afin de trouver de l’aide (sans la tête du poisson mais avec le leurre Rapala entier). Dès l’arrivée sur la plage d’Obock (là vous a vécu Henry de Monfreid) des militaires en armes nous accueillirent en nous interdisant d’aller plus loin. J’expliquais la situation en montrant la main de notre marin et escortés nous nous rendîmes vers un petit bâtiment bas appelé  » clinique  » criblé de balles… Avant de pénétrer dans le bâtiment, un soldat d’une ethnie réfractaire à la vue d’un Ethiopien se permit de lui tordre la main dans tous les sens pour bien le faire souffrir et je dû m’interposer en demandant le médecin. Le médecin africain nous accueillit bien. Mais à part la table d’intervention  » nue  » les étagères l’étaient aussi. J’avais emporté avec moi, seringue, aiguilles, morphine, désinfectant et pansements,etc. mais il refusa car après examen, il nous dit que les doigts sont très inervés et qu’il fallait une bonne anesthésie et un spécialiste. Je demandais, donc, que l’on appelle un médecin de la force militaire française présente à quelques kilomètres qui vint, confirma et nous dit de retourner à Djibouti. Ce que nous fîmes en quatre heures de navigation. J’allongeais alors Tafari dans le carré intérieur au chaud avec de la glace autour de la main et les écouteurs d’un walkman sur les oreilles pour le retour. A l’arrivée, le skipper s’occupa des passagers et j’emmenais immédiatement Tafari en taxi à l’hôpital principal de Djibouti. Je peux dire qu’en France, nous avons de la chance d’avoir un service de santé sérieux. A Djibouti, les repas et l’eau ne sont pas fournis sauf par les familles. Il n’y a aucune climatisation dans les chambres avec des températures de 40° etc… Je rencontrais dans un couloir de l’hôpital un chirurgien américain qui me confirma vouloir s’occuper de Tafari. Un Djiboutien nous mis dans un bureau et fit asseoir Tafari sur une chaise, la main sur un bureau. Le chirurgien trouva enfin une cisaille, puis un bol pour y mettre un désinfectant puis anesthésia plusieurs fois le doigt de Tafari afin d’extraire l’hameçon. Le chirurgien me demanda de trouver un infirmier pour panser la plaie. Je déambulais alors dans les couloirs découvrant des chats mangeant ce qu’ils trouvaient… un autre chirurgien qui se lamentait adossé à un mur, disant qu’il ne pouvait pas finir le curetage de la femme allongée que j’apercevais sur une table d’opération car il n’avait pas ce qu’il lui fallait en pansements … ! et enfin la « pharmacie » jonchée d’ampoules de verre cassé et de saletés…  « le panseur vint faire son travail et après environ trois heures chargée de douleurs, de  chaleur et d’odeurs, j’emmenais Tafari et ses antibiotiques chez des amis français pour qu’il prenne huit jours de repos afin de ne risquer aucune infection. Son doigt fut sauvé. Je repartis le lendemain en croisière avec les plongeurs qui ont compris la situation et que je remercie.

En 1997, un autre contrat maritime m’envoyait en Martinique et le skipper et moi donnèrent de l’argent, des cadeaux à Tafari afin qu’il se rende en Ethiopie voir sa mère qu’il n’avait pas vu depuis des années. Afin qu’il obtienne un visa de retour, je dû me battre au service administratif et demander le Chef de la Police pour expliquer le cas de Tafari. Après de longs palabres, je parvins à obtenir le visa que tout le service lui refusait. Nous nous quittions tous les trois avec beaucoup de larmes dans les yeux et lui souhaitions pleins de bonnes choses dans sa vie. Il partit mais environ une semaine après il fut de retour car sa mère était morte la veille de son arrivée en Ethiopie. J’ai appris que Tafari était décédé du sida en 2004 à Djibouti car c’est un sujet que nous n’abordions pas puisqu’il ne parlait pas trop de sa vie privée… à terre. et j’en suis bien triste. Makonen, je l’espère être toujours à Djibouti. Il était aussi une belle personnne.

Leurre Rapala

Thazard

 

Bienvenue


BONJOUR AUX AMIS DE DJIBOUTI OU J’AI VECU 10 ANS … oui MAIS EN MER

et aussi aux plongeurs, pêcheurs & baroudeurs, aux foux de 4 x 4 et aux foux de moto tout terrain.

A l’aide de mes photos, je vous ferai vivre, à ma façon, le Territoire de Djibouti, l’Archipel des SEPT FRERES est situé dans le Détroit du Bab El Mandeb, à la sortie de la Mer Rouge et à l’entrée du Golfe d’Aden.

Nous irons aussi découvrir l’extraordinaire beauté sauvage du Ghoubet el Kharab, l’Ile du Diable, ses paysages de lave, ses rhyolites, ses plages de sable où vivent, en grand nombre, des requins- baleines que l’on peut approcher sans effroi. Bien sûr, l’originale excursion en 4 x 4 au Lac Assal, situé à – 155 mètres sous le niveau de la mer, se fera, avant la marche à pied sur la « faille » séparant l’Afrique du Moyen-Orient. Nous irons, aussi, au grandiose Lac Abbe et ses cheminées pointant vers le ciel. Mais aussi, des photos vous montreront Obock (premier port français) avant la guerre à Djibouti.

Huit ans (1988 à 1997 ) sur le Catamaran Mamaco. Le Capitaine était Coco Castaing (ex- sergent chef mécanicien de l’Armée de l’Air)

Notre unité était spécialisée dans la plongée sous-marine aux Sept Frères (163 miles nautiques de Djibouti) « La Porte des Lamentations » entre le Territoire de Djibouti, le sud du Yémen et l’Erythrée  » haut lieu au monde de la plongée « , mais si dur à vivre.

Un chauffeur de taxi djiboutien me dit un jour  » même le diable n’y vivrait pas !  » Mais aussi, nous plongions et pêchions dans le Ghoubet El Kharab et le Golf de Tadjourah ou bien à la frontière somalienne.

Deux ans aussi sur le Catamaran  » Fou de Bassan  » (Freydis – plan Erik Lerouge) bête de course pour la voile – barré par le skipper professionnel BPPV-BE (Philippe) Sur ces deux catamarans, nous avons travaillé avec l’Agence Blue Lagoon Voyages Plongées, les équipages d’Air France, les coopérants et les militaires en poste à Djibouti, le Consulat de France et des plongeurs de l’Ambassade américaine à poste. Nous avons eu, énormément, de merveilleuses rencontres tant sur le plan humain que sous-marines ; des rencontres à terre, des rencontres en mer. Je n’oublie pas les navires que nous avons côtoyés et avec qui nous étions amis : – l’unité de plongée le Frederic (Capitaine Jean-Louis Henry) – Jacques Doublier sur le voilier le Dalmar basé à Djibouti – le Breiz Izl a travaillé à Djibouti et au Soudan – bateau de Plongée. Aux dernières nouvelles, Breiz Izel racheté a coulé à Obock. Franck, le capitaine est sur son nouveau bateau le « Baron Noir » à Port Soudan – la Caïque grecque (Jacques Texier et Nicole) – le caïque a coulé en mer près de Port Soudan.. – la goélette belge (Daniel Luypaert et son épouse) et frère de Nicole – a brûlé.

En mai 1995, lors de ma remontée en Mer Rouge sur la Goélette de 22 m La Cyprea Capitaine propriétaire Jean-Louis Henry ex Capitaine du Frédéric, j’ai parlé à Daniel par VHF, en mer soudanaise, alors qu’il possédait une nouvelle unité de plongée descendant à Djibouti et nous sommes rendus compte que nous nous connaissions bien – trois amis en petit monocoque qui avaient échoué sur un écueil au large du Soudan (sauvé après trois jours par la Marine française) ; le capitaine écrivait son deuxième livre sur « les mouillages forains en Mer Rouge »… Nous les avons recueillis quelques jours sur le Mamaco puisqu’ils avaient tout perdu… mais ils ont eu la chance de rencontrer un… OVNI – je peux développer cette étrange histoire car j’ai obtenu une confirmation du fait, plusieurs années après, dans le désert djiboutien… – un monocoque venu du Bassin d’Arcachon (Arès) avec Jojo Masson et Martine ; j’ai rencontré des amis intimes à Jojo plusieurs années après aux Antilles lors d’une croisière (la famille Prince) – La Flibuste – Capitaine Gérard – bateau de plongée – Emo Palandri et ses navettes vers les Iles Musha et Mascali – les amis à terre Alain, Catherine Verdoux (et Sophie leur fille) sur qui nous pouvions toujours compter en toutes circonstances qui ont bien connu le catamaran Mamaco et Fou de Bassan – Ils sont rentrés en Languedoc. – Dan Pastorino plongeur pro (Conseiller auprès du Ministre des Sports de l’époque et Annie-Claude, son épouse qui ont bien connu le Mamaco et Fou de Bassan – les amis de la Paierie de France à Djibouti, de l’Ambassade de France et du Consulat .

Je n’oublie pas non plus les gars de la Marine du Jules Vernes “ bateau-atelier “ de la Marine Française de l’Océan Indien – (chaudronniers et menuisiers), de La Marne, du Rhône, le dragueur de mines Carigliano (Gérard Bristen) qui a détecté le plus de bombes marines flottantes lors de la guerre du Golfe – un Commandant du Clemenceau (qui a pêché un superbe espadion-voilier), – les jeunes pilotes de chasse et un « chien jaune » de Porte-avion le Clemenceau (qui ont eu, à leur première plongée, la peur de leur vie avec la présence de requins !! J’en ris encore ! L’Escorteur le Suffren, etc. Tous, nous ont merveilleusement reçus à bord pour déjeuners et visites et ( sous-marin de passage), l’Ouragan dans lequel Coco et moi avons tracté, en zodiac et à l’aide d’un bout, le magnifique bateau-musée (de Jean Castel) qui s’était échoué sur les Bancs de la côte somalienne… afin de le mettre sur un berre et l’Ouragan

l’a rapatrié en France. C’est le navire Frédéric qui s’est porté à son secours à 01.00h a.m et l’a remis à flots, après trois jours d’efforts physiques et de conflits administratifs avec l’Armée somalienne. La Lyre (plongeurs de combat de la MF) qui nous ont dépanné aux 7 Frères car un de nos compresseurs était en panne ; ils ont gonflé régulièrement nos bouteilles et nous ont invités à bord. Nous avons eu aussi le plaisir d’accueillir sur le Mamaco les plongeurs photographes Gérard Soury pour le Magazine Océans (qui doit se souvenir de l’année « mantas ») -Lionel Pozzoli – photographe sous-marin réputé. Francis Le Guen et sa femme Véronique sont également venus. Ils ont, chacun écrit des articles sur Djibouti et le Mamaco (magazine le Monde de la Mer, à l’époque) – David Doubilet (photographe de National Geographic) rencontré aux Sept Frères sur un yacht.

J’ai publié, moi-même, un petit article dans le magazine « Apnéa  » en 1990 concernant une réunion exceptionnelle de requins-baleines à Djibouti (plus de 21 rien qu’en surface) ce qui nous a obligé à stopper les moteurs afin de ne pas les blesser mais surtout de les chevaucher et les caresser. Je me souviens que nous avions des  » légionnaires  » à bord et qu’ils refusaient de descendre du bord pour se mettre à l’eau !!

Toutes les personnes ayant partagé nos grandes aventures de mer se reconnaîtront…

Il ne faut pas oublier que le Territoire de Djibouti est grand comme un département français d’environ 23.000 km2 mais que c’est un pays vraiment MAGNIFIQUE et UNIQUE

Avis de décès

Je dois, tristement, annoncer le décès survenu le 5 décembre 2009

de Jean-Claude Castaing dit Coco à l’âge de 64 ans d’une SLA



– Aux amis plongeurs venus à Djibouti sur notre Catamaran MAMACO  de 1988 à 1995

– Aux amis restés à Djibouti. A tous les voileux rencontrés

– A ses amis de la base militaire aérienne de Djibouti

– Aux amis de l’Agence Blue Lagoon Voyages Plongée

– Aux amis de la Compagnie Air France

– Aux amis de l’Agence Explorator

– Aux amis des randonnées pittoresques en 4 X 4 qu’il organisa avant 1988 sur le Territoire de

Djibouti pour les militaires et les coopérants

Il s’était retiré en Gironde son département de naissance.

Sur ce blog, je désire lui rendre hommage car se fut un homme aux mille talents, rugbyman, mécano sur avion de chasse militaire, talentueux cuisinier, bon vivant, aventurier, excellent marin pourvu du 6ème sens, pêcheur, plongeur, courageux, téméraire, sens de l’hospitalité, accueillant, généreux et plein d’humour

Ma conclusion  :    Des vies qui nous attirent – De brûlures et de clous

– Oui, mais ne pas les vivre – C’est encore pire que tout.