Archive for février, 2011


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Anecdote : Puisque le traité de fin de guerre fut signé en 1994, l’armée djiboutienne (le catamaran Mamaco battait pavillon djiboutien) nous permit de faire un charter pêche dans le Ghoubet pendant trois jours. Le but étant d’emmener pendant ce week-end prolongé trois hommes appartenant à l’Ambassade de France, au Consulat de France et à la Paierie de France. Nous étions donc cinq à bord. Le premier jour, nous arrivâmes au fond du Ghoubel El Karab en fin de matinée. Alors que nous longions la face ouest de l’Ile du Diable, une canne à pêche se courbât et le cri strident du fil de pêche se fit entendre. Nous venions de prendre un espadon-voilier de 3 mètres. Nous décidions de jet l’ancre sur la petite plage de l’Ile du Diable par grand fond c’est-à-dire que je larguais 80 mètres de chaîne de 12 soit environ 350 kgs pour passer la nuit. Le grand poisson fut hisser à bord à l’aide d’une drisse à l’avant du bateau car les pêcheurs voulaient faire des photos. Nous, l’équipage, étions retourné à l’intérieur du catamaran afin d’y préparer le repas quand soudain, nous avons entendu deux claquements et des oiseaux s’envolèrent ! Figés, nous nous sommes regardés sans comprendre. Puis ensuite, nous avons entendu des tirs réguliers venant de la côte (vers la route) et le  pop (bruit) des balles qui tombent dans l’eau sans toucher. Les hommes à l’avant du bateau se sont couchés et la caméra de l’un d’entre eux est tombé sur le pont mais à tout enregistré. Un homme parvint à revenir à plat-ventre vers l’arrière du bateau et à rentrer tandis que les deux hommes à l’avant ne pouvaient bouger ou parler sans recevoir une volée de balles touchant l’eau. Pendant, les dix premières minutes, mon compagnon Coco Castaing lança des SOS ou MAYDAY par VHF marine (radio marine) à Djibouti pour signaler que nous étions mitraillé mais derrière l’Ile du Diable, nous n’avions aucun retour radio. Nous venions d’acheter un nouveau Zodiac rouge et nous étions très chargé en essence et hissé à l’arrière du catamaran. Nous avions remarqué que les tirs s’arrêtaient pendant une minute afin de mieux régler la distance de tir vers nous. Nous avons crié aux deux hommes restés à l’avant que lorsque le tir s’arrêterait, nous ouvrions les hublots avant placés sur les cabines afin qu’ils s’y jètent – ce qui fut fait. L’un atterrit plein de sang sur le lit de la cabine et je  m’inquiétais immédiatement de sa santé. Surpris, il se touchât mais ne sentit rien sauf le cou suite à la chute extravagante sur la couchette. En fait, il s’était allongé sous le poisson pêché et avait reçu le goutte-à-goutte du sang de celui-ci (ça ne pouvait pas servir, hélas !) Mon compagnon (ex-militaire Armée de l’Air) sortit du carré  en zigzaguant (c’était pas encore l’heure de l’apéro mais pour éviter les balles) un balai habillé d’un t-shirt blanc afin de montrer que nous venions en paix ! mais il se fit tirer dessus… Dix minutes passèrent encore et nous entendîmes un militaire français (légionnaire d’Arta plage) – dont la barque rapide Yamaha était ancrée non loin de nous – nous crier  » partez, partez « , et je lui répondis que nous ne pouvions pas car nous avions un très lourd mouillage au fond et qu’il fallait que je me rende à l’avant du bateau prendre la commande électrique commandant le guindeau. Eux-mêmes, ces légionnaires étaient en reconnaissance sur l’Ile du Diable ; ils sont descendus par le versant à pic du volcan et le légionnaire près de nous s’est échappé caché au fond de la barque et a récupéré ses hommes. Nous étions inquiets pour eux comme ils l’étaient pour nous et nous avons appris le lendemain après-midi qu’ils étaient rentrés au camp de base de la Légion à Arta plage pour lancer les secours nous concernant. Des bruits bizarres sur le bateau :  une première balle nous scia un hauban en haut du mât, puis une deuxième balle nous troua le taud de soleil tout neuf mais heureusement aucune de perça la coque, le zodiac on les passagers. Après vingt minutes de mitraillage (très gros calibre 12/7 – gros comme un doigt d’homme -) , tout s’arrêta et un grand silence se fit. Nous avons, alors, regardé avec précaution par un hublot et avons vu un camion militaire descendre la route vers la plage du Ghoubet. Enfin, un gradé s’était rendu compte ! Nous n’avons pas attendu. Le capitaine a mis les moteurs en marche et moi à plat-ventre, avec le balai et le t-shirt, me suit rendue à l’avant remonter le mouillage. Nous avons  » décollé  » et pris la mer de face, très mouvementée car c’est le Ghoubet est un entonnoir venteux et avons remonté la mer intérieure jusque près de la  » passe du Ghoubet  » que nous ne pouvions traverser que le lendemain matin vers 05.00h à cause de la marée. Nous avons passé la nuit sans lumière craignant que la guerre n’ait recommencé. Il faut rappeler que la passe est très étroite (40 m) et subit des courants tourbillonnants (plus de 10 noeuds) très puissants et qu’aucun bateau ne peut entrer ou sortir qu’avec la marée dans le bon sens. En fin de matinée, alors que les passagers étaient furieux de n’avoir eu aucun retour radio de présence et de secours et que nous longions Arta plage pour prévenir, nous avons aperçu un homme courant sur la plage, se jeter à l’eau, monter dans la barque rapide et venir à notre rencontre. Il s’agissait du légionnaire (un infirmier) qui était très inquiet à notre sujet mais qui avait lancé quatre SOS à sa hiérarchie… Cet incident est arrivé un vendredi (dimanche chez les musulmans donc pratiqué par tout étranger ainsi que l’Armée Française. Les Chefs militaires n’ont pas bougé puisque absents ou sourds ! Nous sommes rentrés à Djibouti et les trois pêcheurs à bord furieux sont descendus et ont appelé le Consule de France qui nous avons été invité à nous rendre chez lui, immédiatement, afin de rapporter les faits (caméra au poing puisque celle-ci isolée sur le pont, enregistrait les tirs et les paroles de tous). Au port, par contre, nous attendait un homme du 5e Bureau (Renseignements et Sécurité militaires) ainsi qu’un zodiac rapide de commandos nous donnant un numéro de téléphone  » afin de rendre compte « . Cet homme du, 5e Bureau nous l’avions rencontré lors d’un dîner chez des amis et nous dit à l’arrivée : «  si j’avais su, je vous aurais donné des gilets-pare-balles «  . Coco a répondu, par retour, « fermes-la où je te mets mon poing dans la figure, » L’affaire est montée chez les généraux, l’Ambassadeur de France, l’Armée djiboutienne. Ils en ont parlé dans tous les cocktails mais nous : pas une excuse pour l’absence du  » vendredi « . C’était vraiment notre week-end chance ! Ce que nous avons appris, c’est que le régime militaire djiboutien en place avait enrôlé des milliers de mercenaires de Somalie afin de combattre contre les Afars contre l’octroi de l’identité nationale djiboutienne, d’armes, peut-être d’argent et de khat  Les dirigeants les ayant placé à tous les carrefours de Djibouti (avaient omis le traité de paix) et bien sûr ils continuaient de tirer sur tout ce qui bougeait. Ils ne connaissaient pas les bateaux de tourisme (eux-mêmes venant de la savane) et un énorme poisson pendu à l’avant pouvait peut-être leur faire penser à une mitrailleuse ou autre arme. Après enquête, placés à 900 mètres sur la plage du Ghoubet, ces mercenaires tiraient sur un ennemi potentiel. Soit il s’agissait de mauvais tireurs, soit le tireur avait besoin de lunettes, soit c’était notre journée de chance. Lors du mitraillage, nous imaginions le pire : sautés avec le bateau à cause de l’essence, sautés à l’eau et mourir troués de balles mangés par les poissons d’aquarium, blessés rentrant à Djibouti avec un doigt dans le trou fait par une balle (pas de mauvaises pensées) pour arrêter l’hémorragie , etc… Par contre, nous devions repartir deux jours après en charter. Nous avons navigué, vent debout, en espérant que le mât ne bascule pas bien qu’ayant doublé le hauban blessé avec une drisse. Nous avons dû descendre le hauban scié par la balle et en faire fabriquer un par le navire-atelier de la marine française  le Jules Vernes (nous avons remercié les gars de la marine en les emmenant maintes fois en charter pêche et plongée gratuitement)  le remonter et faire rapiècer en ville le taud de soleil. Tout cela me rappelle beaucoup d’émotions, d’énergie, de discipline mais  l’aventure c’est l’aventure.

l’Ile du Diable et le catamaran Mamaco

Tafari (sur le catamaran Fou de Bassan) et Makonen (sur le catamaran Mamaco) ont été des marins Ethiopiens. Deux jeunes hommes d’une grande gentillesse, courageux, très respectueux, plein d’humour, parlant un excellent français. Pour survivre à la guerre en Ethiopie, ils étaient venu à Djibouti sans famille afin d’y trouver, en tant qu’immigrés, du travail. Les autorités de Djibouti les contrôlent beaucoup et leur font passer de très mauvais moments en prison s’ils sont pris en ville. leur faisant faire des servitudes à genoux sur des cailloux). A bord, avec nous, ils mangeaient, vivaient agréablement et étaient payés.

Tafari                                                          Makonen

Anecdote : Après la guerre civile à Djibout 1991-1994, nous avons repris les croisières vers les 7 Frères. Lors d’un départ d’Obock , très tôt le matin, avec nos plongeurs arrivés de Paris la veille au soir, Tafari et le skipper avaient mis à l’eau les lignes de pêche (moulinets 9/0 pour les gros poissons, donc très gros hameçons, bas de ligne en acier). Soudain, le skipper m’appella d’urgence car Tafari venait de remonter un énorme thazard (environ 1,50 m) ; le regard du skipper m’indiqua alors ce qui venait d’arriver. je me dirigeais vers le marin placé sur une jupe arrière du catamaran tenant d’une main la canne à pêche et de l’autre l’énorme tête du poisson. Malheureusement, un des triples hameçons avait, lui, transpercé un doigt de Tafari. Je pris, alors, un grand couteau de cuisine afin de séparer la tête du thazard de son corps plein de vie. Je coupais le bas de ligne en acier, puis aidait Tafari à remonter dans le carré arrière du bateau accompagné de la tête du thazard dans ses mains. Le catamaran lancé dans une mer formée fut ordonné de ralentir. La décision fut prise de couper l’hameçon au plus près du doigt du marin à l’aide d’une tenaille puis d’une lime. Impossible à réaliser car à chaque mouvement de vague, Tafari, devenu vert souffrait terriblement. Nous décidions, donc, de réveiller les passagers, de les avertir que nous devions revenir à Obock pour y trouver un médecin. En navigation, je préparais le petit-déjeuner des passagers. Obock où il était encore interdit de pénétrer car les hommes de la force militaire djiboutienne Issas y étaient implantés pour arrêter les Afars. Nous avons, alors, mouillé (jeté l’ancre) sur le platier d’Obock. Le zodiac, mis à l’eau, nous descendîmes le skipper, le marin et moi afin de trouver de l’aide (sans la tête du poisson mais avec le leurre Rapala entier). Dès l’arrivée sur la plage d’Obock (là vous a vécu Henry de Monfreid) des militaires en armes nous accueillirent en nous interdisant d’aller plus loin. J’expliquais la situation en montrant la main de notre marin et escortés nous nous rendîmes vers un petit bâtiment bas appelé  » clinique  » criblé de balles… Avant de pénétrer dans le bâtiment, un soldat d’une ethnie réfractaire à la vue d’un Ethiopien se permit de lui tordre la main dans tous les sens pour bien le faire souffrir et je dû m’interposer en demandant le médecin. Le médecin africain nous accueillit bien. Mais à part la table d’intervention  » nue  » les étagères l’étaient aussi. J’avais emporté avec moi, seringue, aiguilles, morphine, désinfectant et pansements,etc. mais il refusa car après examen, il nous dit que les doigts sont très inervés et qu’il fallait une bonne anesthésie et un spécialiste. Je demandais, donc, que l’on appelle un médecin de la force militaire française présente à quelques kilomètres qui vint, confirma et nous dit de retourner à Djibouti. Ce que nous fîmes en quatre heures de navigation. J’allongeais alors Tafari dans le carré intérieur au chaud avec de la glace autour de la main et les écouteurs d’un walkman sur les oreilles pour le retour. A l’arrivée, le skipper s’occupa des passagers et j’emmenais immédiatement Tafari en taxi à l’hôpital principal de Djibouti. Je peux dire qu’en France, nous avons de la chance d’avoir un service de santé sérieux. A Djibouti, les repas et l’eau ne sont pas fournis sauf par les familles. Il n’y a aucune climatisation dans les chambres avec des températures de 40° etc… Je rencontrais dans un couloir de l’hôpital un chirurgien américain qui me confirma vouloir s’occuper de Tafari. Un Djiboutien nous mis dans un bureau et fit asseoir Tafari sur une chaise, la main sur un bureau. Le chirurgien trouva enfin une cisaille, puis un bol pour y mettre un désinfectant puis anesthésia plusieurs fois le doigt de Tafari afin d’extraire l’hameçon. Le chirurgien me demanda de trouver un infirmier pour panser la plaie. Je déambulais alors dans les couloirs découvrant des chats mangeant ce qu’ils trouvaient… un autre chirurgien qui se lamentait adossé à un mur, disant qu’il ne pouvait pas finir le curetage de la femme allongée que j’apercevais sur une table d’opération car il n’avait pas ce qu’il lui fallait en pansements … ! et enfin la « pharmacie » jonchée d’ampoules de verre cassé et de saletés…  « le panseur vint faire son travail et après environ trois heures chargée de douleurs, de  chaleur et d’odeurs, j’emmenais Tafari et ses antibiotiques chez des amis français pour qu’il prenne huit jours de repos afin de ne risquer aucune infection. Son doigt fut sauvé. Je repartis le lendemain en croisière avec les plongeurs qui ont compris la situation et que je remercie.

En 1997, un autre contrat maritime m’envoyait en Martinique et le skipper et moi donnèrent de l’argent, des cadeaux à Tafari afin qu’il se rende en Ethiopie voir sa mère qu’il n’avait pas vu depuis des années. Afin qu’il obtienne un visa de retour, je dû me battre au service administratif et demander le Chef de la Police pour expliquer le cas de Tafari. Après de longs palabres, je parvins à obtenir le visa que tout le service lui refusait. Nous nous quittions tous les trois avec beaucoup de larmes dans les yeux et lui souhaitions pleins de bonnes choses dans sa vie. Il partit mais environ une semaine après il fut de retour car sa mère était morte la veille de son arrivée en Ethiopie. J’ai appris que Tafari était décédé du sida en 2004 à Djibouti car c’est un sujet que nous n’abordions pas puisqu’il ne parlait pas trop de sa vie privée… à terre. et j’en suis bien triste. Makonen, je l’espère être toujours à Djibouti. Il était aussi une belle personnne.

Leurre Rapala

Thazard

 

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Catamarans Freydis

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Découverte en bateau de l’Archipel des Sept Frères – haut lieu de plongée sous marine – sur le Territoire de Djibouti situé en Afrique de l’Est où j’ai vécu et travaillé 10 ans

 

Découverte du Territoire de Djibouti en Afrique de l’Est. Survol nostalgique d’un magnifique petit pays où j’ai vécu dix ans


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Un plateau coralien s’étend sur plusieurs kilomètres le long de la côte et il faut être très vigilant lors de la navigation pour ne planter le bateau et surtout abimé la faune sous-marine. Ces tables se situent entre la ville d’Obock, le Phare de Ras Bir et les îles SEBA (Archipel des 7 Frères). Nous longeons la côte jusqu’à apercevoir Ras Syan (frontière éthiopienne) et les Iles Seba. L’ile aperçue la première est en principe l’Ile de l’Est (le meilleur mouillage  des îles sur la période octobre-avril) car le vent est orienté Est, Nord-Est, Sud-Est. Nous apercevons ensuite l’Ile Grande,l’Ile du Sud.

Sur le parcours, nous rencontrons souvent d’énormes tortues (+1 m de longueur) en surface et des dauphins.

Les courants dans le Golfe d’Aden sont très puissants et nous avons plusieurs fois pensé avoir perdu une des hélices car nous faisions du surplace avec les deux moteurs du catamaran.

Dans l’ordre :

      

Obock                                                                                       Phare de Ras Bir

Goddoria                                                     Ras Syan                                                Au centre  Isle de l’Est

A l’heure actuelle, un « campement  Eco-touristique  » s’est monté à Goddoria afin de visiter la mangrove très étendue.

Visitez le site d’un photographe Eric LAFFORGUE et de ses oeuvres faites Djibouti

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Avant la guerre 1990-1992 entre Afars et Issas

Premier port français pendant le Protectorat

L’ancienne mosquée n’existe plus.

Henri de Monfreid vivait là avec son épouse pendant ses activités en Mer Rouge.

Le phare de Ras Bir est le premier phare  à l’entrée de la Mer Rouge lorsque l’on remonte vers le nord, vers la Méditerranée par le Canal de Suez. C’est le Golfe d’Aden à cet endroit.

Avant la guerre, il y avait un tailleur de bombes volcaniques – sciées elles laissaient apparaître des géodes semi-précieuses.